« Tout à coup retentit une violente détonation qui ébranla la terre et la mer. Ce fut une formidable explosion de la montagne, qui parut s’entrouvrir du sommet à la base pour donner passage à une flamme éclatante, qui s’éleva dans l’air, et à une poussée formidable de nuages noirs. Ceux-ci se précipitèrent en dévalant le long des pentes de la montagne, descendant comme une trombe, franchissant tous les obstacles, puis, au moment d’atteindre les parties basses, ils formèrent éventail et s’élancèrent sur la malheureuse ville qu’ils plongèrent dans les ténèbres ; ils bondirent sur les navires en rade. À part cet éclair du premier moment, il n’y eut pas de feu : ce fut simplement un nuage chargé de cendres et de ponces portées à une température excessive qui, en une minute et demie, franchit la distance qui sépare le volcan de la ville, détruisant et brûlant tout sur son passage. À son arrivée à la mer, sa masse souleva les flots, les petits navires furent culbutés, le Roraima couché sur le côté, le Roddam à demi submergé, le Grappler coulé. L’obscurité se fit extraordinairement épaisse, nous masquant le foyer d’incendie de la ville, enveloppant et pénétrant tout. »
Extrait du témoignage du capitaine E.W.Freeman, commandant sur le Roddam, le seul navire qui ait pu prendre la fuite. Il était en rade de Saint-Pierre, le 8 mai 1902 à 6h45.(témoignage repris par Alfred Lacroix)

 
 
 
«L’anéantissement de Saint Pierre par un phénomène subit et pendant quelque temps inexplicable a rappelé invinciblement, dans tous les esprits, le souvenir de la destruction de Pompéi, ce type de catastrophe mystérieuse due au volcanisme».
Extraits de La Montagne Pelée après ses éruptions avec observations sur les éruptions du vésuve en 79 et en 1906 / Par A. Lacroix. - Paris : Masson, 1908.